La numérisation transforme en profondeur la manière dont les entreprises vendent, dont les particuliers paient et dont les services financiers sont distribués. Les données récentes permettent de mesurer cette évolution.
Les faits : le commerce en ligne des entreprises
Selon les statistiques de la CNUCED, les ventes en ligne réalisées par les entreprises dans 45 économies développées et en développement, qui représentent environ les trois quarts du PIB et des exportations mondiales, ont atteint environ 28 000 milliards de dollars en 2024, en hausse de 4,4 % par rapport à 2023. La grande majorité de ces ventes sont réalisées entre entreprises, et non auprès des consommateurs. La CNUCED précise que ces données restent partielles, en particulier pour les pays en développement.
Les faits : les paiements numériques se généralisent
Le Global Findex 2025 de la Banque mondiale, fondé sur des enquêtes auprès d'environ 145 000 adultes dans 141 économies, apporte plusieurs constats :
- 79 % des adultes dans le monde possèdent un compte auprès d'une institution financière ou d'un service d'argent mobile, contre 51 % en 2011 ;
- dans les économies à revenu faible et intermédiaire, 61 % des adultes ont effectué ou reçu un paiement numérique en 2024 ;
- 42 % des adultes dans le monde ont payé un commerçant de manière numérique, contre 35 % en 2021 ;
- environ 1,3 milliard d'adultes n'ont toujours pas de compte, dont près de 900 millions possèdent pourtant un téléphone mobile.
L'argent mobile joue un rôle central dans cette dynamique : selon la GSMA, il a traité plus de 2 000 milliards de dollars de transactions en 2025.
Les monnaies numériques de banque centrale : l'exemple de l'euro numérique
Les banques centrales étudient elles aussi la numérisation de la monnaie. Selon la Banque centrale européenne, la phase de préparation de l'euro numérique s'est déroulée de novembre 2023 à octobre 2025. La BCE indique que si le règlement européen est adopté au cours de 2026, l'euro numérique pourrait être émis en 2029. La décision d'émission ne sera prise qu'après l'aboutissement du processus législatif. Il s'agit donc d'un projet, pas d'une monnaie déjà disponible.
Les risques associés
La numérisation crée aussi de nouveaux risques. Le FMI, dans son Rapport sur la stabilité financière d'octobre 2026, souligne que des cybermenaces de plus en plus sophistiquées représentent un risque croissant à mesure que la finance devient plus numérique et interconnectée. Le même rapport consacre un chapitre à la tokenisation des actifs financiers.
Pour les utilisateurs, les risques les plus courants restent la fraude, l'usurpation d'identité et les fausses plateformes. La vigilance s'impose face à toute sollicitation non désirée.
Notre analyse
L'économie numérique élargit l'accès aux services financiers, réduit certains coûts de transaction et ouvre des marchés aux petites entreprises. Mais elle déplace aussi les risques : la sécurité informatique, la protection des données et la vérification de l'identité deviennent essentielles.
Quelques réflexes protègent efficacement : activer la double authentification, ne jamais communiquer ses codes, vérifier l'adresse des sites consultés et s'assurer qu'un prestataire financier est autorisé par l'autorité de son pays.
À retenir
- Les ventes en ligne des entreprises atteignent environ 28 000 milliards de dollars (2024, 45 économies) selon la CNUCED.
- 79 % des adultes dans le monde ont un compte, mais 1,3 milliard en sont encore privés (Global Findex 2025).
- L'euro numérique reste un projet : une émission est envisagée en 2029 si la législation est adoptée en 2026.
- La cybersécurité est devenue un enjeu central de la finance numérique.
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